Aquarelle d’Edouard-Auguste Nousveaux

Lieu de conservation

Vincennes

Période

Restauration et Monarchie de Juillet

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Description

Le Service historique de la Défense vient de faire l’acquisition d’une aquarelle d’Edouard-Auguste Nousveaux représentant un brillant bal donné par le duc de Montpensier, fils du roi Louis-Philippe, dans le Bois de Vincennes, dans la nuit du 5 au 6 juillet 1847. Le jeune prince était commandant d’artillerie au château de Vincennes, et l’artillerie avait été particulièrement mise à l’honneur lors de cette fête, qui rassembla également la meilleure société parisienne. Le luxe du cortège des invités suscita d’ailleurs des cris hostiles sur la route de Paris, et Victor Hugo, qui était de la fête, écrivit, quelques mois avant la révolution de février 1848 : « Du reste, je crois, je ne sais pourquoi, que le souvenir de cette fête restera ; elle m’a laissé quelque chose d’inquiet dans l’esprit. » (Choses vues).

Mais revenons à la fête, et écoutons le journaliste qui en rend compte dans le Journal des débats du 7 juillet, et qui nous livre par la même occasion une fine description de l’aquarelle Edouard-Auguste Nousveaux :

« Mais voici huit heures qui sonnent à l’antique chapelle de Saint-Louis, hâtons-nous de nous rendre aux Minimes, rien de plus magique que l’entrée du parc. D’immenses canons, des mortiers, des masses de boulets, des faisceaux de lances et de drapeaux, entremêlés avec un goût remarquable, formaient une sorte de vestibule éclairé par un lustre en verres de couleur dont les reflets adoucis tempéraient la majesté sévère d’un tel portique. Ce vestibule donnait accès dans une immense allée, splendidement illuminée en guirlandes de verres de couleur qui venaient se suspendre aux deux côtés d’un dôme de verdure. Cette vive et riche lumière éclairait, debout sur un socle, au pied de chaque arbre, une armure complète de chevalier ; de distance en distance, ces armures étaient équestres [...]. Le fond de l’allée était entièrement occupé par un admirable trophée au-dessous duquel se trouvaient le buste du Roi et celui de la Reine.

De chaque côté de cette longue et merveilleuse avenue dont le sol tout entier était couvert d’un tapis, s’étendait un massif de verdure dont les éclaircies étaient occupées par des tentes diverses d’aspect, de grandeur, de couleurs et d’effet, où se montrait surtout celle d’Abd-el-Kader, qui fut si brillamment enlevée par M. le duc d’Aumale [frère du duc de Montpensier] »

Et le journaliste de conclure que « plus d’un artiste en rapportera des souvenirs qui ne seront pas perdus pour l’art ». Edouard-Auguste Nousveaux (1811-1867) a été du nombre. Formé à l’école des Beaux-Arts de Paris, il s’était alors d’ores et déjà fait connaître par la qualité de ses paysages, et en particulier ceux du Sénégal, où il avait pris part à une mission du ministère de la Marine. L’évident goût pour l’exotisme de ce peintre a probablement trouvé un sujet de choix dans cette fête, qui mêlait « les panoplies gothiques », pour citer Victor Hugo, et les tentes prises à Abd-el-Kader et au fils du sultan du Maroc lors des guerres coloniales.

Voir l’article du Journal des débats, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4477017/

 

 

 

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Dernière modification le 15/03/2022