Le Plongeur.

 

20 000 lieues sous les mers.

À l’occasion du 160e anniversaire du lancement de la construction du Plongeur, le Service Historique de la Défense et le Musée national de la Marine s’associent pour présenter une sélection de documents sur le premier sous-marin français, en regard de la maquette conçue pour l’exposition universelle de 1867.

Feuilletez ici, en exclusivité, tous les rapports d’essais établis par la direction des constructions navales de l’arsenal de Rochefort, et dont plusieurs extraits ont été retranscrits. Les autres documents sont à découvrir au Musée national de la Marine - Hôtel de Cheusses, à Rochefort, jusqu’au 3 janvier 2021.

 

En 1859, le ministre de la Marine demande à tous les préfets maritimes de charger un ingénieur de leur port de préparer un rapport : il s’agira de construire un navire sous-marin, en s’appuyant sur le mémoire que lui a soumis un officier de marine du nom de Siméon Bourgeois. C’est le projet de l’ingénieur Charles Brun, à Rochefort, qui est finalement retenu.

Ce « bâtiment spécial », qui reçoit le nom de Plongeur, est mis en chantier dans l’Arsenal peu après. Il fait appel à de très nombreuses innovations techniques.

En 1863, le sous-marin est mis à l’eau. Les rapports des expériences conduites par la direction des constructions navales, d’abord dans un bassin aménagé à cet effet, puis dans la Charente, et enfin en pleine mer, constituent une source majeure pour collecter des données de navigation et observer le comportement du prototype, en vue d’en ajuster les plans.

Ces essais ne sont pas sans danger pour l’équipage, commandé par le lieutenant de vaisseau Marie-Joseph-Camille Doré, héros de la guerre de Crimée.

Le Plongeur est propulsé par un moteur à air comprimé. Son autonomie et sa vitesse demeurent limitées, et il connaît d’importantes variations de pression, qui le rendent particulièrement instable et difficile à manœuvrer, dans l’estuaire envasé et jonché d’obstacles du fleuve. L’idée de ses concepteurs de le doter d’engins incendiaires n’aura pas suite...

MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864
Page de garde, MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864

 

 

SHD Rochefort, MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864.

Ces rapports d’essais ont fait l’objet d’une restauration, avec un doublage des pages fragilisées en papier japon, et ont été conditionnés individuellement, dans des chemises de conservation, en papier neutre. Une boîte entoilée a été confectionnée sur mesure pour les recevoir.

 

 

MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864
Dossier 1, MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864

 

 

SHD Rochefort, MR 2 G 5 2, dossier 1. Expérience sur la machine à air comprimé du Plongeur, faite le 8 juin 1863, à 4 amarres. Expérience de marche du Plongeur le 10 juin 1863, de Rochefort à Charente et retour.

 

 

MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864
Dossier 2, MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864

 

 

SHD Rochefort, MR 2 G 5 2, dossier 2. Note sur les expériences faites le 16 juillet 1833 à bord du bateau sous-marin Le Plongeur.

Mais comme il y avait peu d’espoir d’étancher une pareille voie d’eau, on ouvrit la soupape donnant issue dans la cheminée et en même temps on signala à l’extérieur de vider le bassin, ce qui eut lieu très promptement, tout ayant été disposé dans ce but. Aussitôt l’issue ouverte dans la cheminée, les 27 mécaniciens et marins qui occupaient la chambre intérieure suivis [de l’] officier évacuèrent le Plongeur par la cheminée, en ordre et sans aucun accident.

 

 

MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864
Dossier 3, MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864

 

 

SHD Rochefort, MR 2 G 5 2, dossier 3. Expérience du 4 août 1863.

Pendant une heure et demie environ que les 21 hommes occupant la chambre intérieure du bâtiment ont respiré dans un milieu dont la pression excédait la pression atmosphérique et la dépassait un instant de 3/4 d’atmosphère, on a pu constater que les variations seules de la pression affectaient très légèrement les organes, celui de l’ouïe particulièrement. [….] Les personnes voisines des orifices d’échappement ont éprouvé aux oreilles une sensation pareille à celle qu’on éprouve en plongeant ou après avoir plongé.

 

 

MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864
Dossier 4, MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864

 

 

SHD Rochefort, MR 2 G 5 2, dossier 4. Expérience du 5 août 1863.

 

 

MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864
Dossier 5, MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864

 

 

SHD Rochefort, MR 2 G 5 2, dossier 5.  Expériences des 5, 6 et 7 septembre 1863.

Cette expérience avait pour principal but de constater le bon fonctionnement de l’embarcation, comme canot de sauvetage. Elle ne pouvait être tentée que dans des conditions qui ne compromissent pas l’existence des hommes appelés à l’opérer. […] Six hommes, après s’être introduits du navire dans l’embarcation, fermèrent derrière eux les orifices par lesquels ils avaient passé, et se mirent en devoir de desserrer les trois vis qui lient le canot au navire. […] L’expérience avait donc réussi aussi complètement qu’on pouvait le désirer.

 

 

MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864
Dossier 6, MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864

 

 

SHD Rochefort, MR 2 G 5 2, dossier 6. Expériences des 8, 9 et 12 septembre 1863.

 

 

MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864
Dossier 7, MR 2 G 5 2, archives de la direction des constructions navales, « Plongeur, expérience sur sa machine et essais de marche entre Rochefort et Charente », 1863-1864

 

 

SHD Rochefort, MR 2 G 5 2, dossier 7. Expériences à la mer du Plongeur, février 1864. Observations faites par le capitaine de La Vigié pendant les expériences du bâtiment sous-marin Le Plongeur, le 24 février 1864.

 

 

Dernière modification le 12/05/2020

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