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Archives publiques

Fonds librement communicable.

Description physique

330 articles
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Inventory

Archives rapatriées de Russie (Fonds Moscou): Grand quartier général (1914-1918)

Dates

1910-1924

Présentation du contenu

Les archives du Grand Quartier général sont classées par bureau. En premier lieu, les archives héritées du premier bureau concernent l'organisation et le personnel, en particulier pour l'artillerie. Ensuite les archives du 2e bureau traduisent le travail des services de renseignements : bulletins et comptes rendus, correspondance ou encore cartographie analysent au premier chef l'armée allemande et les différents théâtres d'opération. Le 3e bureau conserve également de la correspondance, mais surtout les ordres, instructions et documents relatifs aux opérations. Un grand nombre d'historiques de ces mêmes opérations sont conservés là. Les archives de la Direction de l'arrière forment un ensemble assez riche concernant les communications, transports et ravitaillements. Le lecteur compulsera enfin avec intérêt les archives concernant l'installation et l'engagement des forces américaines en France.

Provenance
Grand Quartier général
Organisme responsable de l'accès
Vincennes
Bibliographie
BOUCARD (Robert), Les Secrets du G.Q.G., Paris, les Éditions de France, 1936.BUGNET (lieutenant-colonel Charles), Rue Saint-Dominique et G.Q.G. ou les trois dictatures de la guerre, Paris, Plon, 1937.HERBILLON (colonel), Souvenirs d'un officier de liaison pendant la grande guerre. Du Général en chef au Gouvernement. I Sous le commandement du général Joffre. II Sous les commandements des généraux Nivelle et Pétain. Paris, Tallandier, 1930.LAURE (commandant), Au 3e bureau du troisième G.Q.G. (1917-1919), Paris, Plon-Nourrit,1922.LAURE (général Émile), Le Commandement en chef des armées françaises du 15 mai 1917 à l'armistice. Paris, Berger-Levrault, 1937.PAINLEVÉ (Paul), Comment j'ai nommé Foch et Pétain. Paris, Alcan, 1924.PÉDRONCINI (Guy), Les Rapports entre le Haut-Commandement et le gouvernement de mai 1917 à juillet 1918. Étude critique des documents publiés. D.E.S., Paris-Sorbonne, 1960.PÉDRONCINI (Guy), « Les Rapports du Gouvernement et du Haut-Commandement en France en 1917 », in Revue d'Histoire moderne et contemporaine, 1968, n° l, p. 122-132.PÉDRONCINI (Guy), Le Haut commandement français et la conduite de la guerre, mai 1917-novembre 1918, Lille, 1971, 3 vol.PICHOT-DUCLOS (général), Au G.Q.G. de Joffre. Réflexions sur ma vie militaire. Paris, Arthaud, 1947.PIERREFEU (Jean de), G.Q.G. secteur 1. Trois ans au Grand Quartier général par le rédacteur du « communiqué ». Paris, l'Edition française illustrée, 1920, 2 vol.
Historique de la conservation

Malgré ses nombreux déménagements et des effectifs toujours plus importants (près de 450 officiers secondés par 800 secrétaires et hommes de troupes à la veille du départ de Chantilly en 1917), le G.Q.G. conserve ses archives dans les bureaux tout au long de la guerre. Les archives font alors partie du premier échelon déménagé, lequel quitte le G.Q.G. avec le généralissime. À la dissolution, les archives sont confiées au commandement qui est chargé de déterminer leur destination, avant qu'elles ne parviennent au service historique. Plus chaotique encore fut le destin des documents décrits dans le présent instrument de recherche. En effet suite à la saisie opérée par les Allemands après la défaite française du printemps 1940, les documents les plus sensibles ont été envoyés à Berlin. Récupérés par l'U.R.S.S. à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils ont été stockés et traités à Moscou jusqu'à leur redécouverte au début des années 1990 et à leur rapatriement à Vincennes.

Documents en relations

SOURCES COMPLEMENTAIRES

Le supplément décrit ci-dessus complète les archives du G.Q.G. déjà conservées dans la sous-série GR 16 N du service historique de la Défense - fonds de l'armée de Terre (3278 cartons).

À signaler également dans la sous-série GR 26 N, les journaux des marches et opérations des différentes unités du G.Q.G., en particulier de la section d'information et de la direction de l'arrière (GR 26 N 2 et 3). Par ailleurs la sous-série GR 14 N comprend le fonds de l'état-major de Foch, qui rassemble 3 cartons d'inégal intérêt sur la bataille de la Somme, les armées américaine, italienne, anglaise et sur des projets d'opérations de 1919 (SHD/GR, 14 N 48-50). Un fonds privé reçu du maréchal Joffre est conservé sous la cote GR 1 K 268 : le chercheur y trouvera le journal de marche du commandant en chef, des historiques de la campagne, des études sur des pays d'Europe et d'Europe centrale, des documents diplomatiques concernant les conditions de paix, les traités et conférences internationales des années 1920.

Biographie et histoire

Le Grand Quartier général (G.Q.G.) est l'outil de commandement du général commandant en chef les armées, sitôt la mobilisation annoncée. Son autorité s'étend sur la zone des armées, selon les termes du décret du 2 décembre 1913 sur le service des armées en campagne, la zone de l'intérieur restant sous l'autorité du ministre de la Guerre.

Le G.Q.G. est constitué selon le tableau d'effectifs prévu depuis 1913. Le général en chef est assisté d'un major général et de deux aides-majors. L'état-major comprend trois bureaux : le 1er bureau est chargé de l'organisation, du personnel et du matériel, le 2e bureau, du renseignement, tandis que le 3e bureau planifie les opérations. La direction de l'arrière est un autre organe essentiel du Grand Quartier général : elle est chargée d'assurer les transports et communications, de prévoir les besoins et de recevoir les demandes des armées, de réunir et répartir les approvisionnements et les matériels, d'organiser les ravitaillements et les évacuations. À cet effet, elle dirige divers services : direction des chemins de fer aux armées, direction des services automobiles, commission du service des routes, commission des voies navigables, inspection générale de la trésorerie et des postes, inspection générale du service de la télégraphie de deuxième ligne.

À mesure que le conflit s'enlise et que les fronts se multiplient, les attributions du G.Q.G. vont croissant. Le général Joffre, qui était depuis le début de la campagne commandant en chef des armées du Nord et du Nord-Est, est nommé par décret du 2 décembre 1915 « commandant en chef des armées françaises » et voit son autorité étendue à l'armée d'Orient nouvellement constituée. Pour faciliter sa tâche ainsi élargie, on adjoint à Joffre, le 11 décembre 1915, un chef d'état-major général des armées, le général de Castelnau.

Le Grand Quartier général est ensuite plusieurs fois remanié : à côté des bureaux destinés au commandement des armées du Nord et du Nord-Est est créé un état-major des théâtres d'opérations extérieurs (T.O.E.). Le général de Castelnau finit par avoir sous ses ordres deux majors généraux, portant respectivement le titre de major général pour le Nord et le Nord-Est (général Janin) et de major général pour les T.O.E. (général Pellé).

L'autonomie laissée au haut commandement inquiète le général Gallieni, ministre de la Guerre. Le 13 décembre 1916 une nouvelle organisation du haut commandement est fixée par décrets. En premier lieu le général Joffre est nommé conseiller technique auprès du gouvernement ; n'obtenant pas que ses attributions soient clairement définies, il démissionne le 27 décembre 1916 ; il est alors nommé maréchal de France. En second lieu, on rappelle au commandant des armées du Nord et du Nord-Est et à celui de l'armée d'Orient qu'ils doivent exercer, sur leur front respectif, la direction des opérations conformément au décret du 28 octobre 1913 sur la conduite des grandes unités - c'est-à-dire qu'ils redeviennent indépendants l'un de l'autre. Enfin, le général Nivelle, qui n'était encore que colonel d'artillerie en 1914, est nommé généralissime en décembre 1916.

Le G.Q.G. est réorganisé par le général Nivelle le 1er janvier 1917 : l'aide-major général du renseignement est supprimé, tandis que le bureau T.O.E. est détaché auprès du ministre. Le général Pétain succède à Nivelle après l'échec de l'offensive d'avril 1917 au chemin des Dames. Une section d'information chargée des relations avec les autorités civiles est alors créée, puis est institué un aide-major chargé de l'aéronautique, de la télégraphie et des liaisons, ce qui traduit l'importance accordée par Pétain à l'aviation. Soulignons enfin la création d'un bureau des services spéciaux, groupant la section des renseignements (contrôle postal, affaires politiques, sûreté) et les services des relations avec les administrations civiles, de l'information et du chiffre.

En février 1918, l'aide-major chargé de l'aéronautique est déchargé du service télégraphique et des liaisons, confiées avec le chiffre à l'aide-major chargé des opérations. En mars, une section D.C.A. (défense contre avion) est créée à côté du service aéronautique et un aide-major général est chargé du service de santé. Cette organisation subsiste jusqu'à l'armistice. Hormis les officiers d'état-major et le personnel civil des bureaux qui composent le Grand Quartier général, il faut signaler la présence des missions alliées auprès du commandant en chef. Ainsi officiers russes, anglais, japonais, italiens, américains, belges, serbes ou encore roumains y représentent les nations amies. Il est à noter enfin que le G.Q.G. disposait d'un détachement du 8e régiment du génie, d'une compagnie du 19e escadron du train, de deux compagnies du 68e régiment d'infanterie territoriale, d'une compagnie de chasseurs forestiers, d'un escadron d'escorte et de deux sections de D.C.A.

Au gré de l'évolution et de l'avancée du front, le G.Q.G. connaît plusieurs emplacements successifs : Vitry-le-François à partir du 5 août 1914, Bar-sur-Aube (31 août 1914), Châtillon-sur-Seine (6 septembre 1914), Romilly-sur-Seine (28 septembre 1914), Chantilly (29 novembre 1914), Beauvais (10 janvier 1917), Compiègne (4 avril 1917), Provins (26 mars 1918), Metz (1er décembre 1918) puis à nouveau Chantilly (29 janvier 1919). Dans tous les cas, la proximité de Paris reste primordiale car la liaison avec le gouvernement est nécessaire et fréquente. Le Grand Quartier général est dissous le 20 octobre 1919, en exécution des prescriptions de la dépêche ministérielle du 14 octobre 1919 ; dans le même temps la zone des armées est supprimée. L'État-major de l'armée reprend alors toutes les attributions du G.Q.G.

Last modification on 19/11/2020