Conditions d’accès

Archives privées

Sans réserve

Description physique

21 dossiers ; 0,95 ml
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Inventaire

Fonds Antoine Pacquement (Bachmann-Anderletz)

Dates

1748-1831

Présentation du contenu

Archives de la famille Bachmann, en particulier du lieutenant-général Nicolas-François von Bachmann (1740-1831), colonel du régiment suisse de Boccard (1780-1792), général au service du roi de Sardaigne, de la Grande-Bretagne, puis de Louis XVIII : correspondance, manuscrits, traités et manuels militaires, pièces officielles.

Le fonds Pacquement (2008 PA 9) a été donné au Service historique de la Défense en janvier 2008 par M. François Pacquement. Il concerne principalement la carrière de Nicolas François de Bachmann-Anderletz, officier suisse au service de la France à la fin du XVIIIe siècle qui, après la Révolution et les événements du 10 août 1792, a servi successivement le royaume de Piémont-Sardaigne, l'Autriche, la Grande-Bretagne, la Suisse, puis à nouveau la France, sous la Restauration, avant de prendre définitivement sa retraite en 1816.

Le fonds a été inventorié et classé en juillet et août 2008. L'inventaire qui en a été fait décrit majoritairement les unités à la pièce, à l'exception de certaines correspondances volumineuses (notamment avec le duc de Guines sous l'Ancien régime, ou bien encore avec la Diète helvétique pendant les Cent-Jours). Néanmoins, ce fonds est, à l'image de son producteur, pluriculturel. Si la plupart des pièces sont en français, un tiers du fonds est en allemand (écriture gothique scripturale), certaines pièces officielles sont en anglais, quelques lettres en italien et une lettre patente en latin.

On trouvera dans ce fonds essentiellement de la correspondance, mais aussi des récits des campagnes de Bachmann-Anderletz, et des ouvrages de tactique et de stratégie militaire illustrés par des croquis. De plus, la famille Pacquement a rassemblé de nombreux ouvrages et articles se rapportant à l'histoire de Bachmann-Anderletz et de son frère, qui rendent ce fonds plus facile d'accès, sans lui retirer en rien de son intérêt scientifique.

Le fonds est clos et n'est pas susceptible d'accroissement. L'ensemble du fonds est libre d'accès, et consultable au Service historique de la Défense, à Vincennes. Les droits de reproduction et de représentation appartiennent au SHD, néanmoins, dans l'hypothèse où ces reproductions donneraient lieu à une publication, l'auteur doit s'engager à en faire parvenir un exemplaire, par l'entremise du SHD, aux descendants d'Antoine Pacquement.

Provenance
Antoine Pacquement
Organisme responsable de l'accès
Vincennes
Bibliographie
ROUCAUD (Michel), « La capitulation générale de 1803 signée entre la République consulaire française et la Diète helvétique : entre tradition et innovation », Revue historique des armées, n°243, 2006, p. 108-111.SARMANT (Thierry) [dir.], Les ministres de la Guerre, 1570-1792 : histoire et dictionnaire biographique, Belin, Paris, 2007.SENDELBACH (Frédéric de), Le baron de Bachmann Anderletz, Editions Victor Attinger, Paris, 1944.TULARD (Jean) (dir.), Dictionnaire Napoléon, Fayard, Paris, 1989.
Documents en relations

SOURCES COMPLEMENTAIRES

Thierry SARMANT (dir.), Olivier AZZOLA, Stéphane BILLONNEAU, Jean-Charles MERCIER, Inventaire des Archives de la Guerre, sous série XG : Suisses au service de la France, XVIIe-XIXe siècles, Service historique de l’armée de Terre, Vincennes, 2001.

Biographie et histoire

Né le 27 mars 1740 à Näfels, dans le canton de Glaris, Nicolas François de Bachmann obtient la demi-compagnie de son père dans le régiment de Wittmer, vacante par sa mort, le 30 septembre 1749. Il est nommé enseigne en 1758, puis capitaine le 1er avril 1759, date à laquelle il prend le commandement de sa compagnie. Il participe à la guerre de Sept ans ainsi qu'à la conquête de la Hesse. Major du régiment de Boccard (« Salis-Samade » en 1782) en 1768, il est choisi l'année suivante pour exercer les fonctions de major général du camp de Verberie. Il obtient en 1778 la croix de Saint-Louis et est désigné alors pour être aide-major général de l'armée rassemblée en Bretagne et en Normandie, sous les ordres du maréchal de Broglie. En avril 1780, il est nommé lieutenant-colonel, et propriétaire d'une compagnie. Cette période est documentée dans le fonds par la volumineuse correspondance échangée entre Bachmann, ses supérieurs, et plusieurs officiers de son régiment. En 1788, il est employé à la rédaction des ordonnances sur l'infanterie, au sujet desquelles il fait plusieurs observations, qui sont elles aussi présentes dans le fonds.

Pendant la Révolution française, son régiment est appelé à Paris, dès juin 1789. En 1790, il travaille avec les comités diplomatique, militaire et des finances pour obtenir une augmentation de la solde des gardes suisses. Dans la nuit du 12 au 13 juillet, il est chargé de défendre la place Louis XV, aux côtés des gardes suisses commandés par son frère, le maréchal de camp Charles Joseph de Bachmann (1734-1792). Après la perte de la Bastille, son régiment est envoyé en Normandie et employé à la protection de l'approvisionnement de Paris. Cependant, prenant prétexte des remontrances que Bachmann leur avait adressées sur le mauvais état de leur compagnie, trois capitaine de Salis-Samade quittent leur régiment le 30 juin 1792 et se rendent à Paris où ils produisent un mémoire contre leur chef. Le 10 août 1792, son frère et lui prennent la défense du roi, dont ils acceptent de protéger la fuite projetée par La Rochefoucauld-Liancourt. Son frère est emprisonné (il est exécuté en septembre), et l'Assemblée accuse Nicolas de Bachmann d'avoir éloigné les trois capitaines de Salis-Samade à cause de leur patriotisme. Il est jugé incivique et sa position en France devient difficile. Son régiment est envoyé à Arras où il est licencié le 27 août. Bachmann quitte alors la France pour la Suisse (voyage dont il fait le récit). Bachmann-Anderletz, et la famille Pacquement à sa suite, ont réuni plusieurs descriptions contemporaines des évènements révolutionnaires, notamment sur le 10 août 1792, et sur la part qu'y ont eus les régiments suisses alors en France.

En 1793, Bachmann, qui prend alors le titre de baron de Bachmann-Anderletz, lève un régiment suisse au service de la Sardaigne, qu'il sert jusqu'à la paix de 1796. Il participe à la campagne de 1794 dans le duché d'Aoste. Fin 1796, il combat les Français en Engadine, mais est désarmé par Bonaparte. Il est livré comme suspect au Directoire helvétique à Lucerne, qui le place sous surveillance tout en lui laissant sa liberté. Lorsque les Autrichiens envahissent le canton de Glaris en 1799, il entre en relation avec le général Hotze et l'archiduc Charles, reçoit le commandement des Suisses au service de l'Autriche et lève un régiment soldé par l'Angleterre. Il combat avec les Russes et les Autrichiens à Zürich contre Masséna. Après l'armistice signé avec le général Moreau, il commande l'avant-garde du corps du général Auffenberg. La campagne effectuée en 1800-1801 sous les ordres d'Auffenberg est documentée dans le fonds par la correspondance échangée entre officiers alliés et français.

Son régiment licencié après la paix de 1801, Bachmann rentre en Suisse où, en septembre 1802, la Diète de Schwyz lui confie le commandement des troupes qu'elle lève contre le gouvernement de Berne. Cependant, face à l'intervention de la France en faveur de Berne, il doit capituler. Il retourne à Näfels et refuse l'offre du landammann d'Affry et de l'ambassadeur Ney d'organiser les régiments suisse au service de Napoléon.

En 1814, Louis XVIII le nomme lieutenant général. Bachmann prépare alors l'organisation et la levée de nouveaux régiments suisses au service de la France. Pendant les Cent-Jours, la Diète fédérale helvétique lui confie, le 20 mars 1815, le commandement en chef des troupes chargées de défendre la frontière, charge qu'il abandonne le 26 juillet 1815, en raison de désaccords avec elle. Une importante correspondance, en allemand, échangée entre la Diète et Bachmann, permet de suivre cette campagne presque quotidiennement.

Ayant pris sa retraite, Bachmann décline l'offre du comte d'Artois, du commandement des troupes suisses en France, arguant de son âge avancé. Il se retire à Näfels où il reçoit les décorations et les marques de reconnaissance de la plupart des pays qu'il a servis. Il meurt à Näfels le 11 février 1831. Les dernières années de sa vie sont peu documentées.

Dernière modification le 02/10/2020

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