Rapport du lieutenant de vaisseau Kieffer, 14 juin 1944
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La création des commandos français de la France Libre
Dès 1940, les Anglais mettent sur pied des unités légères baptisées "commandos", très mobiles et dotées d'une grande puissance de destruction, pour se livrer à des opérations éclair contre l'ennemi, même derrière ses lignes, et obtenir des résultats sans commune mesure avec les faibles effectifs engagés. Relayés par la propagande, les exploits offensifs de ces hommes rompent avec les actions peu concluantes de la drôle de guerre. Leur mise en lumière permet de reprendre l'initiative, de retrouver moral et confiance, de semer le trouble chez l'ennemi, de susciter de nouvelles vocations chez ceux qui ont envie de se battre.
Impressionné par leur raid sur les Lofoten, le 4 mars 1941, l'enseigne de vaisseau Kieffer propose à l'amiral Muselier, chef de l'état-major des forces françaises navales libres, de créer des commandos français. Les Anglais se révèlent intéressés par l'apport de commandos connaissant parfaitement les côtes françaises ou susceptibles de recueillir directement des renseignements dans la langue locale. Ils mènent la même démarche auprès des ressortissants des autres pays occupés.
Le 13 janvier 1942, l'enseigne de vaisseau Kieffer se voit confier une compagnie de fusiliers marins dont il débute l'entraînement. Initialement composée de 17 hommes, la compagnie renforce progressivement son effectif, qui atteint 71 hommes au moment où elle rallie à Criccieth, au pays de Galles, le 10 Cdo, unité interalliée commandée par le colonel britannique Lister et composée de Français, Belges, Hollandais, Norvégiens, Polonais, Yougoslaves et Allemands antinazis. Elle y poursuit ses exercices d'endurance, tout en recevant de nouveaux volontaires qui la portent à 90 membres. Elle sera renforcée en 1943 d'une centaine de recrues du 2ème bataillon de fusiliers marins, dissous au Liban en mars précédent.
Dès le 18 août 1942, 15 hommes participent au débarquement sur Dieppe, inaugurant une longue série de raids de diverses natures, marqués par des préparations méticuleuses, un respect du secret, un surcroît d'entraînement dans tous les milieux naturels et dans toutes les conditions matérielles et techniques. La même détermination prévaut chez les Britanniques, sous la direction desquels sont menées les opérations dans une admiration et une solidarité réciproques.
La participation des 177 commandos Kieffer au débarquement du 6 juin 1944
En mars 1944 commence la préparation directe du débarquement. Le 26 mars, le bataillon est rattaché au 4 Cdo, de 600 hommes, qui compose, avec les commandos 3, 6 et 45, la 1ère brigade de commando commandée par le brigadier Lord Lovat. Le 25 mai, tous sont mis au secret. Les 177 Français constituent deux troops, la 1 commandée par Guy Vourch, la 8 par Lofi, et une section de mitrailleuses K Gun, par Amaury. La mission du 4 Cdo est fondamentale. Désigné pour débarquer le premier sur les côtes de France, parce qu'étant le seul qui comprenne des Français, il touche terre le 6 juin 1944 à 7 h 55 sur le secteur Sword, à La Brêche, à 500 mètres à l'ouest de Riva Bella.
Sa mission est de prendre d'assaut Ouistreham, afin d'assurer la tête de pont et de permettre au gros de la brigade de rejoindre. Il devra ensuite faire jonction vers le sud-est avec la 6° Airborne qui s'est assurée des ponts sur l'Orne et sur le canal de Caen à la mer. En avant de ces obstacles, il doit défendre l'extrême flanc gauche du périmètre britannique par des patrouilles offensives, pendant que les autres forces essayent de rompre le front au sud et à l'ouest.
Menée avec succès au prix de lourdes pertes au cours d'un assaut de vive force, cette mission dure jusqu'au 17 août 1944, date à laquelle les commandos se lancent à la poursuite de l'ennemi qui se retire vers la Seine.
Pour en savoir plus
Pour une histoire des fusiliers marins
Témoignages oraux de plusieurs membres du commando Kieffer sur le site "La Seconde Guerre mondiale en Normandie".
Mise à jour : mars 2010.

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