Ministère de la défense

Les témoignages oraux conservés au SHD

 

 

La collection de documents sonores du service historique de la défense comprend 1600 témoignages (soit près de 6000 heures d’enregistrement) recueillis par l’institution ou déposés par des chercheurs et dont la consultation, libre ou nécessitant la demande d’une dérogation, fait l’objet d’une convention passée entre le témoin et le ministère de la défense (article L. 213-6 du code du patrimoine).

Les archives orales : une source nouvelle et complémentaire pour l’historien


 

Enregistrement d'un témoignageConstituées uniquement de documents écrits, les archives classiques ne conservent pas la trace systématique de l’ensemble des activités d’une époque. Outre les destructions éventuelles résultant de faits de guerre ou d’absence de politique de conservation, elles ne donnent généralement à voir qu’une partie du fonctionnement d’une institution ou d’une unité.

Postérieures aux événements qu’elles relatent, les archives orales permettent au contraire à l’historien de distinguer, en amont du processus décisionnel que les archives classiques ne font le plus souvent qu’entériner, le poids des relations interpersonnelles, la culture et les réflexes propres aux unités et organismes qui font la défense. Archives « provoquées », parce qu’elles sont constituées d’entretiens réalisés auprès des acteurs d’un événement, d’une crise ou d’une époque, les sources orales valorisent la psychologie individuelle et collective, tout en apportant également des informations factuelles qui pallient l’absence de traces laissées par les ordres oraux.

Elles ont ainsi vocation à renouveler en profondeur le travail de l’historien en lui fournissant une source complémentaire aux archives conservées sous forme de documents écrits.

La collecte de témoignages oraux au service historique de la défense


 

La collecte de témoignages oraux au sein du ministère de la défense a débuté au service historique de l’armée de l’air en 1972. Cet exemple a été suivi par les services historiques des autres armées et de la gendarmerie. Aujourd’hui la collecte et le traitement des témoignages sont réalisés par le bureau des témoignages oraux (BTO) du département de l’innovation technologique et des entrées extraordinaires (DITEEX), par le bureau des études historiques (BEH) du département Marine et, de façon marginale, par le bureau des études et recherches historiques du département Gendarmerie.

Les entretiens sont menés en s’appuyant sur des documents d’archives et sur les travaux de recherche les plus récents, afin de déboucher sur un récit de carrière. Les inventaires semi-analytiques mis à la disposition des lecteurs sont assortis des états de service du témoin ainsi que d’un appareil critique, permettant d’opérer de nombreux recoupements parmi les témoignages.

Les axes de collecte


 

La collecte s’inscrit dans le cadre d’enquêtes thématiques. Les enquêtes actuelles portent sur les services de renseignement et sur les organes de décision politico-militaires depuis 1945. Deux campagnes spécifiques sont menées à la demande de l’état-major de la marine et portent sur l’impact de la montée en puissance de la force océanique stratégique et du nucléaire sur la marine ainsi que sur les opérations extérieures de la marine depuis la fin de la guerre d’Algérie jusqu’à la guerre du Kosovo.

Les fonds oraux déjà constitués embrassent des thèmes aussi variés que l’histoire et l’évolution de l’armée de l’air, la France libre et la Résistance, la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie, le 13 Mai 1958, le putsch d’Alger, la constitution des forces stratégiques et les opérations extérieures.

 

Les inventaires

 


 

Une grande partie des inventaires sont disponibles en ligne.

 

 

Mise à jour : novembre 2010.