Ministère de la défense

Rapport de mission du bâtiment polaire "Commandant Charcot", 1950

 

En 1947, Paul-Emile Victor, qui bénéficie déjà d’une certaine notoriété, crée les Expéditions polaires françaises (EPF), dont le but est de donner davantage d’ampleur aux expéditions scientifiques menées par la France au Groënland. Il obtient le soutien du gouvernement en ajoutant à son projet un volet concernant l’Antarctique, où la souveraineté française sur la terre Adélie, établie en 1840 lors de l’expédition de Dumont d’Urville , commence à être contestée. Le 19 mars 1948, les EPF et le ministère de l’Outre-mer signent un protocole. Le navire déniché par Paul-Emile Victor, un ancien mouilleur de mines américain (l’AN 48) rebaptisé l’aviso polaire Commandant Charcot, passe avec son équipage sous statut militaire et est placé sous le commandement du capitaine de frégate Max Douguet. Après l'échec d'une première expédition durant l'hiver 1948-1949, la seconde campagne de 1949-1950 s'avère plus fructueuse, comme en atteste le rapport de mission présenté ici.

 

 

Page 2 du rapport; Page 3 du rapport; Page 4 du rapport; Page 5 du rapport; Page 6 du rapport; Page 7 du rapport; Page 8 du rapport;

 

Ce document est conservé au SHD, archives centrales de la marine, sous la cote 3 BB4 83.


Les rapports de mission du Commandant Charcot appartiennent à un type de document dont la composition obéit à des formes réglementées. Seul le premier chapitre, consacré au compte rendu général de la croisière, est présenté ici. Les chapitres suivants traitent des mouvements, des transmissions, du matériel, de la santé, des relevés hydrographiques, océanographiques et météorologiques effectués par l’équipage, etc.

Parti plus tôt que lors de la campagne précédente, le 21 décembre, le bâtiment atteint les glaces le 29. Le temps, bouché, interdit cependant d’utiliser l’hydravion afin de trouver des passages dans la banquise et, jusqu’au 13 janvier, des tentatives ont ainsi lieu le long du pack, sans permettre de s’approcher de la terre ferme. Enfin, le 14, le Commandant Charcot parvient à se frayer un passage vers le Sud, à travers une glace que les températures douces des derniers jours ont rendu plus abordable. En une journée, le navire atteint un pack récent, traverse une mer intérieure, puis le plateau continental apparaît aux yeux de l’équipage. Le Commandant Charcot devra cependant encore attendre quelques jours avant de pouvoir gagner un mouillage permettant de commencer les opérations de débarquement. Celui-ci est atteint le 19 mais, le vent interrompant régulièrement les allers et retours des chalands, le débarquement ne se termine que le 2 février. Le 4, le commandant reçoit les membres de l’expédition pour un dîner d’adieu et, le 8 février, le Commandant Charcot appareille pour Hobart, après un détour par le cap Géologie, où une plaque de cuivre est scellée pour marquer le passage du bâtiment. La première phase de l’exploration antarctique par les EPF s’achèvera  en 1953, malgré le désengagement de la Marine qui, en 1951, refuse de réarmer le Commandant Charcot et amène Paul-Emile Victor à affréter un baleinier afin de déposer l’expédition 1951-1953. Réalisés dans des conditions difficiles, les travaux de l’expédition porteront sur la géodésie, la glaciologie, la météorologie, la faune, la flore et les bactéries de cette partie du monde, ainsi que sur les pathologies humaines liées au froid.

La collaboration entre l’armée et les EPF se poursuivra les années suivantes, avec notamment l’appui de l’armée de l’air aux expéditions au Groënland menées par Paul-Emile Victor à la fin des années cinquante, preuve que, malgré des priorités parfois divergentes, les deux parties trouvaient des avantages à cette forme d’entraide.

 

L'expédition par les Actualités françaises


 

 

En savoir plus



Association Amicale des expéditions polaires françaises

Paul-Emile Victor (site officiel)

Quelques photographies de l'expédition mises en ligne par L'institut polaire

 

 

 

 

 

 

 

 

Mise  jour : avril 2010