Ministère de la défense

Marins de la pêche et du commerce, ouvriers des professions maritimes

 

Dès le 17ème siècle, l’État impose aux marins de servir périodiquement sur les bâtiments de guerre. Ce service, appelé système des classes sous l’Ancien Régime puis inscription maritime et dont les modalités ont varié avec le temps, a également concerné jusqu’en 1864 les ouvriers dits « des professions maritimes » (notamment charpentiers, voiliers, perceurs, calfats), astreints à servir à terre ou à la mer. Il aboutit à un suivi très pointilleux des carrières des inscrits, tant durant leurs temps de service à l’Etat que durant leur activité civile.

Matricules et rôles d'équipages


Pour retracer la carrière des inscrits, on recourra principalement aux registres matricules et aux rôles d’équipages provenant des fonds de l’administration chargée de l’inscription maritime. Les fonds des quartiers et des syndicats, qui constituaient les circonscriptions administratives de base, sont conservés tant par les antennes portuaires du SHD (Cherbourg, Brest, Lorient, Rochefort et Toulon, série P) que par certains services d’archives départementales, ou même, pour les matricules et rôles les plus récents, par le centre des pensions de l’ENIM (établissement national des invalides de la marine) à Paimpol.

Pour retrouver les traces d’un inscrit maritime, il faut connaître le quartier dont relevait son domicile. A défaut du domicile, on peut tenter la recherche à partir du lieu de naissance, de mariage ou de décès. On signalera également l’existence d’un très pratique Annuaire des officiers mariniers. La répartition des fonds des quartiers d’inscription maritime entre les différents échelons du service historique de la défense et les services d’archives départementales s’établit comme précisé dans le tableau ci-dessous.

 

Quartiers relevant du département suivant Lieu de conservation
Alpes-Maritimes SHD Toulon. Mais la quasi totalité est consultable sur microfilm aux AD des Alpes-Maritimes
Aude SHD Toulon
Bouches-du-Rhône SHD Toulon
Calvados AD Calvados
Charente-Maritime SHD Rochefort
Corse AD de la Haute-Corse
Côtes d’Armor SHD Brest
Finistère SHD Brest mais SHD Lorient pour le quartier de Concarneau
Gironde AD Gironde et SHD Rochefort
Hérault SHD Toulon
Ille-et-Vilaine AD Ille-et-Vilaine mais SHD Brest pour les quartiers de Saint-Malo et de Dinan avant 1789 et SHD Marine Lorient pour le quartier de Redon
Landes SHD Rochefort
Loire-Atlantique AD Loire-Atlantique (quartier de Paimboeuf consultable en ligne)
Manche SHD Cherbourg (quartier de La Hougue consultable en ligne)
Morbihan SHD Lorient (archives antérieures à 1940), AD Morbihan (archives postérieures à 1940)
Nord SHD Cherbourg
Pas-de-Calais SHD Cherbourg
Pyrénées-Atlantiques SHD Rochefort
Pyrénées-orientales SHD Toulon
Seine-Maritime SHD Cherbourg pour les quartiers de Dieppe et Fécamp mais AD Seine-Maritime pour les quartiers du Havre et de Rouen
Somme SHD Cherbourg
Var SHD Toulon
Vendée SHD Rochefort
_

La matricule est constituée de différentes catégories de registres : on y trouve les marins mais aussi les ouvriers ayant des compétences en matière de construction navale ou de mécanique. Au sein de chacune de ces catégories on distingue les inscrits provisoires (mousses, novices ou apprentis) qui, du fait de leur âge ne sont pas encore astreints au service, puis à partir de 18 ans, les inscrits définitifs (officiers mariniers et matelots, ouvriers). Un marin peut continuer sa carrière jusqu’à être breveté pilote, maître au cabotage ou capitaine au long cours. A défaut, il la terminera dans les hors de service qui, ayant atteint l’âge limite ou du fait de leurs infirmités, sont exemptés de service. Pour suivre un individu, il faut donc consulter plusieurs registres, d’autant que les matricules sont périodiquement renouvelées et les individus réinscrits à chaque fois. Il y a généralement un système de renvois d’un registre à l’autre. Les renseignements donnés par la matricule sont les suivants : nom, prénoms, âge ou date de naissance, filiation, signalement, embarquements (nom du bâtiment et nature de la campagne), blessures et décorations. Enfin les rôles d’équipages précisent, pour chaque campagne, le nom de chaque marin embarqué et sa fonction à bord : on peut ainsi en savoir plus sur l’environnement social de l’individu auquel on s’intéresse.

Sources complémentaires


Matricules du fonds de l’administration centrale de la marine

Plusieurs séries de matricules des gens de mer sont conservées dans le fonds de l’administration centrale de la marine (SHD Vincennes, articles CC 4 1629 à 1760). Couvrant une période allant de 1785 à 1900, cette collection offre l’avantage de couvrir l’ensemble du littoral français. Elle est cependant très lacunaire et les informations qui y sont portées semblent parfois très incomplètes.

Etats, listes et dossiers relatifs aux officiers et sous-officiers de la marine marchande

Les officiers et sous-officiers de la marine marchande, dont les appellations ont varié au fil du temps (maîtres au cabotage, capitaines au long cours, pilotes, etc.) faisaient l’objet d’une gestion particulière : on retrouve dans les fonds de l’administration centrale de la marine de nombreuses listes nominatives (SHD Vincennes, sous-série CC4) ainsi que des dossiers individuels (sous-série CC4 et quelques dossiers en CC7). Ces derniers ne sont cependant pas des dossiers de carrière (à l’exception de ceux qui concernent des marins civils intégrés à un titre ou à un autre dans la marine militaire) et leur consultation peut s’avérer fort décevante.

Documents relatifs aux décès et disparitions en mer

Les décès et les disparitions en mer sont portés sur les papiers du bord et font l’objet, à partir du 19ème siècle, de procès-verbaux annexés aux rôles d’équipages mais que l’on peut également retrouver, complétés parfois d’autres pièces notamment dans le cas où l’événement donne lieu à enquête, dans les fonds de l’administration centrale du ministère de la marine pour une période allant de 1820 à 1910 (SHD Vincennes, articles CC4 1363 à 1451).

Mise à jour : juin 2010

Creative Commons License
Le contenu de cette page est mis à disposition par le service historique de la défense selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France.

.