Ministère de la défense

Les cartes et plans conservés au SHD à Vincennes

 

Le service historique de la défense conserve plus de cinquante mille cartes, imprimées ou manuscrites, datant pour les plus anciennes du 16ème siècle. Pour une grande partie, elles proviennent d'institutions créées sous le règne de Louis XIV, comme le dépôt de la guerre, le dépôt des fortifications ou celui des cartes et plans, qui répondirent tout d'abord à la nécessité d'organiser la documentation existante pour en permettre l'exploitation, avant de devenir eux-mêmes des producteurs de mémoires, cartes, relevés, travaux, etc.

 

Les cartes du dépôt de la guerre, sous-série 6 M des fonds de l'armée de terre



A la fin du 17ème siècle, Louis XIV et Louvois mettent sur pied le dépôt de la guerre qui, jusqu'à sa dissolution après la défaite de 1870, va ordonner tout d'abord les archives du secrétariat d'État à la guerre, avant de produire lui-même des mémoires historiques, élaborés à partir de ces documents. Dans ces études, les cartes tiennent une place de première importance, qu'il s'agisse de plans dressés sur le terrain par les officiers pour illustrer leurs comptes rendus, de documents de toute provenance devant constituer une documentation tactique ou stratégique, ou de cartes illustrant les conflits passés, dont on tente de tirer les enseignements pour la formation des officiers.

Après avoir profité des progrès de la cartographie, le corps des ingénieurs militaires géographes contribue à son développement, et les efforts du dépôt de la guerre s'orientent au 18ème siècle vers le relevé des provinces françaises. Puis le fonds s'enrichit de saisies révolutionnaires, de dons, d'achats et des cartes enlevées à l'ennemi pendant les guerres de l'Empire. L'histoire du dépôt de la guerre s'achèvera avec la réalisation de la nouvelle carte de France par les officiers d'état-major. Comprenant plus de 30 000 documents, cet ensemble constitue l'un des plus importants fonds cartographique de France.

Disponibles en ligne : inventaire des cartes relatives à la France, ainsi qu'à l'Algérie.

A ces fonds anciens, s'ajoutent 14 000 documents concernant la Première Guerre mondiale. Dressées par le service géographique de l'armée à des fins opérationnelles, ces cartes fournirent aux unités engagées sur le front des plans directeurs de tir dont les différentes éditions, établies à des échelles plus ou moins grandes, furent destinées à l'artillerie pour le tir, aux corps d'armée pour la direction des opérations, ou aux régiments d'infanterie pour leurs offensives.

A noter que des cartes se trouvent également dans les archives de la section de cartographie du 2ème bureau du Grand quartier général (série N - 1872-1919, cotes 16 N 1100-1132) et dans celles du 3ème bureau des 3ème, 6ème et 10ème armées, des fronts orientaux, Russie, Caucase, Balkans de novembre 1917 à janvier 1919 (cotes 16 N 2080-2082).

 

Les cartes du dépôt des fortifications, sous-série 1 V des fonds de l'armée de terre



La partie la plus ancienne de la série V est consacrée aux archives techniques du génie qui contient des cartes et plans accompagnés de mémoires.

L'inventaire de la sous-série 1 V est disponible à la vente.


Les cartes et plans conservés dans les fonds de la marine



Lorsque Colbert réorganise la marine dans la seconde moitié du 17ème siècle, il recrute des pilotes, crée des écoles d'hydrographie et initie les premières missions de relevés des côtes de France. L'effort se porte également sur les archives du secrétariat d'État à la marine : il crée en 1699 le dépôt des archives de la marine dont le rôle est tout d'abord de conserver tous les documents produits par le secrétariat d'État. Puis il faut attendre 1720 pour que les archives écrites de la marine soient séparées des documents nautiques, et pour qu'un dépôt des plans, cartes et journaux de la marine se charge d'archiver et de diffuser les travaux de l'institution, d'acquérir toute la documentation utile à la navigation et d'assurer également l'établissement de nouvelles cartes, constituées à partir des mémoires et relevés disponibles et de cartes déjà publiées mais que les ingénieurs du dépôt corrigent.

Au début du 19ème siècle, les progrès de l'hydrographie amène le dépôt à entreprendre un relevé systématique des côtes de France qui suscite l'admiration du monde maritime. Puis en 1886, le dépôt devient le service hydrographique dont les archives sont réparties principalement entre la Bibliothèque nationale de France (BNF), les Archives nationales et le service historique de la marine, qui est devenu en 2005 le département marine du service historique de la défense. On signalera également la collection Nivart (750 plans manuscrits du 17ème au 19ème siècles, inventaire disponible en ligne) ainsi que de la collection des 71 recueils formés de 6000 cartes datant de 1550 à 1850, manuscrites ou imprimées. Ces archives  se complètent d'environ 1000 atlas imprimés, conservés dans le fonds Marine de la bibliothèque du service historique à Vincennes.

Par ailleurs, les archives centrales de la marine conservent environ 3000 plans issus de la direction des travaux maritimes, concernant les ports de guerre français (sous-série DD 2) et un recueil factice de cartes marines et terrestres des années 1850-1960 (sous-série 4 DOC).


Les cartes conservées dans les fonds de l'armée de l'air



On trouve, dans les fonds d'archives de l'armée de l'air, un grand nombre de cartes, principalement étrangères et datant de la Seconde Guerre mondiale. Editées par le War Office, l'Air military Service ou d'autres organismes allemands, autrichiens ou français, elles étaient destinées à la formation des pilotes et à la préparation des missions aériennes.

Elles sont conservées dans la série réservée aux documents figurés, sous les cotes suivantes :

- 1 Fi WO : 800 cartes de navigation aérienne provenant du War Office (Royaume Uni), datant des années 1930 et 1940, et comportant des échelles allant du 1/50 000 au 1/500 000 ;

- 1 Fi AMS : 900 cartes provenant de l'American Map Service (Etats-Unis), datant des années 1920 aux années 1950 et majoritairement dressées au 1/100 000 ;

- 1 Fi IGN : 2500 cartes provenant du service géographique de l'armée, devenu l'institut géographique national, datant des années 1920 aux années 1950 et dressées à des échelles allant du 1/50 000 au 1/2 000 000 ;

- 1 Fi BLI, 1 Fi DIV, 1 Fi DRB, 1 Fi GIMI, etc. : cartes allemandes et autrichiennes, provenant des états-majors et des instituts allemands, austro-hongrois puis autrichiens, datant des années 1910 à 1940 et dressées à des échelles allant du 1/75 000 au 1/20 000.

 

 

Mise à jour : mai 2011

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