Ministère de la défense

Le dossier Mata Hari

 

Margaretha Geertruida ZELLE, plus connue sous son nom de scène, Mata Hari, a été condamnée par un conseil de guerre français pour espionnage au profit de l'Allemagne et exécutée le 15 octobre 1917 au polygone de tir de Vincennes.

L'affaire Mata Hari n'a jamais cessé d'intéresser le public. Le dossier du conseil de guerre, dont nous présentons ici quelques pièces, est conservé par le service historique de la défense sous la cote GR/9JJ/968. Il est communicable et a été intégralement publié par les éditions Italiques (Mata Hari : le dossier secret du conseil de guerre, 2001).

Si Mata Hari fut bien un agent double, l'insignifiance des renseignements qu'elle a pu livrer semble aujourd'hui avérée. Le dossier Mata Hari laisse deviner une demi-mondaine aux abois financièrement, d'une grande naïveté quant aux réalités de l'espionnage, piégée par un jeu subtil entre les services de contre-espionnage français et allemands et dépassée par l'enchaînement des évènements qui la conduiront au poteau d'exécution.

 

Passeport de Mata Hari


 

Passeport de Mata Hari. A droite identité et photographie. A gauche autorisation de circuler à Vittel

 

En mai 1916, Mata Hari, alors à Amsterdam, accepte la proposition du consul d'Allemagne, Krämer, également officier du service de renseignement. Il l'aidera à regagner Paris, en échange de quoi, elle lui fournira des renseignements utiles à l'Allemagne. Elle accepte et devient l'agent H 21. Dès son arrivée à Paris, Mata Hari s'installe au Grand Hôtel. Chacun de ses faits et gestes est surveillé par la Sûreté. Amoureuse d'un jeune officier russe Vadim Masloff en convalescence à Vittel, elle souhaite l'y rejoindre. Mais Vittel est dans la zone des armées. Il lui faut un laissez-passer qu'elle demande au capitaine Ladoux, chef du 5e bureau de l'état-major, principalement en charge du contre-espionnage. Ladoux lui accorde le laissez-passer et lui propose de travailler pour la France.

 

Lettre du capitaine Ladoux, chef du 5e bureau, au capitaine Bouchardon, rapporteur du conseil de guerre et chargé de l'instruction, 2 avril 1917


 

Lettre du capitaine Ladoux. Page 1

Lettre du capitaine Ladoux. Page 2

Mata Hari est arrêtée le 13 février 1917. L'instruction de son procès commence. Dans cette note, le capitaine Ladoux récapitule les raisons pour lesquelles Mata Hari a suscité des soupçons dès la fin de l'année 1915, fait l'objet d'une surveillance à partir de juin 1916 et s'est vu proposer de travailler pour le contre-espionnage français.

 

Citation à comparaître devant le 3e conseil de guerre, 4 juillet 1917


 

Citation à comparaître. Page 1

 

Citation à comparaître. Page 2

L'instruction achevée, Mata Hari est citée à comparaître le 4 juillet. La citation fait apparaître 8 chefs d'accusation. Le procès débute le 24 juillet 1917.


En savoir plus



 

Frédéric Guelton, « Le dossier Mata Hari » Revue historique des armées, 247 | 2007, [En ligne], mis en ligne le 22 juillet 2008.

Chantal Antier, « Espionnage et espionnes de la Grande Guerre » Revue historique des armées, 247 | 2007, [En ligne], mis en ligne le 01 septembre 2008.

 


 

 

Mise à jour : novembre 2010