Ministère de la défense

Traité entre la France et le roi de Diébougou, 4 mai 1897

 

Ce traité de protectorat, passé le 4 mai 1897 entre le capitaine du génie Cazemajou et Olguéné Ouattara, roi du pays de Djiébougou (Diébougou au Burkina Faso), appartient à un petit dossier de la section technique des troupes coloniales qui rassemble une dizaine de documents relatifs à la conquête de l'Afrique. Quoique fragmentaire, ce dossier offre un condensé de l’expansion française dans les territoires de la Boucle du Niger de 1891 à 1895. Cette expansion était destiné à permettre la jonction entre les conquêtes de la France en Afrique du Nord et ses comptoirs de la côte occidentale.

 

Première page du traité entre la France et le roi de Djiébougou

 

Page 2 du traité

Page 3 du traité

Ce document est conservé au SHD (archives de la Guerre), sous la cote provisoire : Moscou II, 8e direction, dossier 442.

 

Un traité de protectorat

 


 

Les traités de protectorat passés entre les militaires chefs de colonne et les rois locaux avaient une grande importance juridique, parce qu'ils étaient le fondement légal de l’expansion française. En effet, l’acte général de Berlin de février 1885, qui délimitait le champ d’action des puissances européennes sur le continent africain, subordonnait la reconnaissance de leurs droits à la signature de traités avec les chefs locaux.

Le texte est divisé en deux colonnes : celle de droite comporte la version en français, celle de gauche la version en arabe. Il compte six articles. Par le premier, Olguéné Ouattara place son royaume sous le protectorat de la France. Le deuxième précise les villes et villages qui composent le territoire concerné. Le troisième autorise les ressortissants du royaume à commercer librement dans les territoires contrôlés par la France. Le quatrième assure un libre passage aux troupes françaises tandis que le cinquième garantit à la France l'exclusivité du traité. 

Enfin, le sixième et dernier article précise que le traité ne sera reconnu comme définitif qu'après avoir été reconnu par le gouvernement français. Pour être ratifié, chaque traité devait en effet être examiné en Conseil des ministres, puis faire l'objet d'un décret de ratification. Cela n'a jamais été le cas pour le traité passé entre le capitaine du génie Cazemajou et le roi de Djiébougou.

 

Pour en savoir plus


Valérie Caniart, « Traités de protectorat entre la France et les royaumes de la Boucle du Niger » Revue historique des armées, 248 | 2007, [En ligne], mis en ligne le 16 juillet 2008.

 

 

 

 

Mise à jour : avril 2010.