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Exposition Brest

 

affiche Expo Résistance et Dissuasion.jpg

 

 

Cette exposition retrace l’histoire du programme nucléaire français, d’hier à aujourd’hui, et revient sur la singularité française en matière de dissuasion nucléaire, héritage fondateur du général de Gaulle qui n’a pas été remis en question par ses successeurs.

Il peut paraître surprenant d’accoler les deux termes « Résistance » et « Dissuasion » à une époque – la Deuxième Guerre mondiale – où la dissuasion nucléaire française n’existait pas encore. Toutefois, les racines de celle-ci remontent bien à ce conflit, comme en témoignent le caractère pionnier des travaux scientifiques de Frédéric Joliot et de son équipe au Collège de France, ainsi que le rôle clé exercé par les atomiciens de la France Libre tout au long de la guerre. Pour la Résistance française, le nucléaire fut un enjeu majeur de souveraineté et un moyen pour la France de se reconstruire une fois libérée.

L’exposition s’intéresse notamment à la première bataille de l’eau lourde (février/mars 1940), qui opposa dans le plus grand secret la France (mission Jacques Allier) à l’Allemagne nazie. Cet épisode trouva son dénouement avec l’envoi à Londres de deux membres de l’équipe Joliot (Hans Halban et Lew Kowarski), à la suite d’une décision gouvernementale en date du 16 juin 1940, juste avant l’arrivée au pouvoir du maréchal Pétain. Trois autres résistants français spécialistes du nucléaire (Pierre Auger, Bertrand Goldschmidt et Jules Guéron) vinrent renforcer la coopération dans ce domaine avec les Alliés, en Grande-Bretagne, puis au Canada, avec le soutien déterminé du coordinateur scientifique de la France Libre (Louis Rapkine).

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, l’aventure atomique française se poursuivit avec la création en 1945 par le général de Gaulle du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Autant dire que la Résistance a marqué les débuts du CEA, tant dans son esprit que dans son fonctionnement. C’est ainsi que les deux premiers administrateurs généraux du Commissariat, Raoul Dautry et Pierre Guillaumat, se sont illustrés par leur volonté de restaurer la place de la France dans le monde. Ils furent rejoints par d’autres anciens résistants, tous ayant en commun la pratique du secret, élément qui fut déterminant dans le lancement du programme nucléaire militaire français à la fin de l’année 1954.

En tant que fondateur et premier Président de la Cinquième République, le général de Gaulle officialisa le programme lancé sous la Quatrième République. Pour le chef de la France Libre, la dissuasion nucléaire devint un élément fondamental de la souveraineté nationale, un moyen essentiel de préserver les intérêts vitaux de la France, mais aussi de peser davantage dans les relations diplomatiques.

Aujourd’hui encore, la dissuasion nucléaire demeure la garantie ultime de la sécurité, de la protection et de l’indépendance de la Nation. Cette continuité, la France la doit en grande partie à la perpétuation de cet « esprit de résistance », à cet esprit de défense, qui s’exprime prioritairement – mais pas seulement –  à travers la dissuasion nucléaire et ceux qui la servent au quotidien. Remettre en perspective cette évolution historique est essentiel à la compréhension des enjeux et des moyens qui sont consacrés à la dissuasion nucléaire.

 

Cette exposition a été réalisée par la Direction des applications militaires du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, en partenariat avec le Service historique de la Défense, l’Etablissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense, ainsi qu’avec la Fondation pour la recherche stratégique, la Fondation Charles de Gaulle, la Fondation de la France Libre, le Musée Curie, les Archives diplomatiques, l’École Normale Supérieure ENS-Ulm (Centre interdisciplinaire d'études sur le nucléaire et la stratégie) et la revue « L’Histoire ».

 

Pour en savoir plus :

 

Informations pratiques

"Résistance et Dissuasion - Des origines du programme nucléaire français à nos jours"

Du 5 avril au 21 juin 2019 au Service historique de la Défense, 4, rue Malbert. 

Entrée libre.

 

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Article | by Dr. Radut