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Dossiers administratifs de résistants

 

Dossiers administratifs de résistants

 

 

La sous-série GR 16 P

 

Intitulé                                       Dossiers individuels du bureau Résistance

Cotes                                        SHD GR 16 P

Niveau de description                  Sous-fonds

Nombre d’éléments                     Environ 600 000 dossiers, 1500 mètres linéaires

Dates extrêmes                          1940-2006

 

Le bureau Résistance

 

Service versant

Ministère de la défense \  Bureau Résistance

Contexte général

Il n’est pas possible de parler du bureau Résistance, et de comprendre son action, sans dire un mot des circonstances qui ont été à l’origine de sa création et justifient son existence. Après la guerre, lorsque la Nation a voulu reconnaître les services rendus par les résistants, le législateur s’est trouvé devant une situation sans équivalent. Il a donc dû bâtir de toutes pièces une législation nouvelle.

Afin de pouvoir traiter le foisonnement des cas individuels, il a  été nécessaire de classer les multiples formes de « résistance » pratiquées en un nombre limité de catégories ou de « familles ». Parmi celles-ci, cinq concernaient plus particulièrement le bureau Résistance car elles donnent lieu à la prise en compte de services militaires.

Chacune de ces familles a sa réglementation particulière qui vise à cerner au mieux, et à récompenser le plus justement possible, les services rendus :

- Forces françaises libres (FFL) : elles constituent l’armée régulière de la France libre, incluant les Forces navales françaises libres (FNFL), les Forces aériennes françaises libres (FAFL) et un Corps des volontaires féminines françaises  (52 000 hommes et femmes) ;

- Forces françaises combattantes (FFC) : elles sont constituées des agents des réseaux de renseignement, d’action et d’évasion (109 000 hommes et femmes) ;

- Forces françaises de l’intérieur (FFI) : elles sont constituées notamment par les membres des maquis et des corps francs (260 000 hommes et femmes) ;

- Résistance intérieure française (RIF) : appartiennent à cette catégorie les membres des mouvements de Résistance dont les services justifient une pension militaire  (22 000 personnes) ;

- Déportés et Internés résistants (DIR) : les résistants de cette catégorie appartiennent généralement à l’une ou l’autre des catégories précédentes (70 000 hommes et femmes).

Il y a d’autres familles, purement civiles : les combattants volontaires de la résistance, les réfractaires au service du travail obligatoire, les passeurs bénévoles, les déportés politiques, les réfractaires alsaciens et mosellans dont les cas relevaient de la Direction des statuts, des pensions et de la réinsertion sociale du ministère de la Défense.

Histoire administrative

Le bureau, né du rattachement direct au ministre des armées des services liquidateurs des FFI, des FFC et des FFL, est créé en 1948.

Il est rattaché en 1952 à la direction du personnel militaire de l’armée de Terre dont il constitue le 6e bureau, puis à la sous-direction des bureaux du cabinet en 1988. En 1999, lors de l’adossement du secrétariat d’Etat aux Anciens combattants au ministère de la Défense, le bureau Résistance est rattaché à la direction du patrimoine, de la mémoire et des archives, nouvellement créée. Enfin, la création en 2005 du Service historique de la Défense (SHD) rattache ce bureau devenu bureau Résistance et Seconde guerre mondiale au département interarmées, ministériel et interministériel (DIMI). Le bureau est supprimé en 2013 lors de la réorganisation du SHD et les fonds d’archives qu’il détenait sont depuis gérés par le département des archives définitives au sein du Centre historique des archives du SHD.

Textes de base

Bulletin officiel des armées, volume 308, « Combattants de la Résistance », 1981.

Instruction du 1er août 1988 relative à l’organisation et au fonctionnement de la sous-direction des bureaux du cabinet.

Fonctions et activités

Le bureau Résistance avait une compétence générale sur les questions relatives à la Résistance. A ce titre, il était notamment chargé :

  • de la validation (éventuellement après reconstitution) des services de résistance et de la délivrance  des titres d’appartenance aux anciens membres des FFI (Forces françaises de l’intérieur), de la RIF (Résistance intérieure française), des FFC (Forces françaises combattantes), des FFL (Forces françaises libres) et des DIR (déporté-Internés de la Résistance) ;
  • de l’information, sur ces mêmes questions, des instances administratives ou privées ayant à en connaître et de renseigner notamment certains bureaux de la sous-direction des bureaux du cabinet du ministère de la Défense (bureau de la correspondance parlementaire et  bureau des décorations), les services de l’Office nationale des anciens combattants (en vue notamment de l’attribution de la carte de combattant volontaire de la Résistance), mais aussi les ayants droit et leur famille ;
  • de la représentation du ministère de la Défense dans les commissions concernées par les questions de Résistance relevant du ministère ou d’autres départements ministériels ;
  • de la participation à l’instruction de procédures contentieuses par le biais d’éléments de réponse destinés à être utilisés par la direction des affaires juridiques du ministère de la Défense.

A partir des années 2000, alors que le travail de validation des services dans la Résistance diminue, le bureau répond de plus en plus à des demandes à caractère historique.

 

Les dossiers individuels

 

Présentation du contenu

Les quelque 600 000 dossiers individuels qui composent le fonds concernent des personnes dont les services de résistance ont été homologués ou non au titre des FFL, des FFC, des FFI, des DIR ou de la RIF. Ils sont constitués des pièces fournies par les demandeurs et des documents issus du travail administratif.

Les dossiers des FFL et des FFC sont seuls à contenir des archives de la Seconde Guerre mondiale. Parmi les dossiers de FFC, il y a deux catégories, ceux des agents ayant été à Londres et ceux engagés de France, sans avoir quitté le pays. Les dossiers des premiers s’apparentent à ceux des FFL, c’est-à-dire à des dossiers de carrières : mutation, départ en mission, stage de parachutage, appréciation des officiers britanniques, livret médical, Soldier’S Pay Book, bon d’habillement.

Dans les dossiers des FFL se trouvent des fiches de situation avec des renseignements civils et militaires, photographie et empreintes digitales. Si le Français libre s’est engagé sous un nom d’emprunt, son dossier comporte plusieurs fiches et parfois son acte d’engagement.  

Dans les dossiers des agents des FFC ayant « transité » par Londres, se trouvent des états signalétiques et de services d’officier (modèle E/9), des propositions d’avancement (pour les militaires d’active ou de réserve) ou d’assimilation (pour ceux qui ne le sont pas), des ordres de départ et de retour de mission généralement sous différentes identités.

Pour ceux qui ne sont pas engagés à Londres, lorsque vient l’heure de la démobilisation, leur chef de réseau remplit ou leur fait remplir une fiche établie par la Direction générale des services spéciaux (DGSS) qui a pris le relais du Bureau central de renseignement et d’action (BCRA) sur le modèle de l’état signalétique, précédemment évoqué. En plus des classiques renseignements d’état-civil, l’agent doit donner son nom, ou ses pseudonymes, son indicatif (lequel lui permettait de s’identifier par radio avec des gens dont il ne connaissait pas l’identité), le nom de son supérieur hiérarchique direct, sa nationalité d’origine et actuelle, le nom du réseau et sa date d’entrée dans le dit-réseau ; si l’agent a appartenu à plusieurs réseaux, il remplira une fiche par réseau. On trouve aussi des questionnaires signalétiques et parfois des rapports d’activité de l’agent. Comme les FFL, les agents des FFC ont signé un engagement de fidélité au général de Gaulle. Moins formel, généralement manuscrit, cet engagement est laissé à l’initiative des chefs de réseaux et souvent signé sous pseudonyme, voire indicatif seul, chef comme agent. Dans cette catégorie, on trouve des officiers d’active ou de réserve préparés en Grande-Bretagne, qualifiés « encadrement maquis » et parachutés en vue du jour J dans les maquis jugés stratégiques par les Alliés. Ils peuvent également avoir le statut FFI. Les agents des missions Jedburgh parachutés, après un entraînement intensif en Grande-Bretagne, sont également FFC.

Les trois autres catégories de dossiers renferment des dossiers de demande de droits, des questionnaires remplis par les demandeurs, leurs ayants cause ou par leur chef de résistance et les pièces justificatives fournies à l’appui de la demande dans lesquelles sont décrites les actions de résistance et les circonstances d’arrestation pour les déportés et internés. Cette dernière catégorie regroupe les internés des prisons et des camps d’internement et les déportés des camps de concentrations notamment en France occupée en en Allemagne.

Les dossiers des membres des Forces françaises de l’intérieur s’organisent autour de formulaires de demande de certificat d’appartenance et d’homologation de grade FFI. Ces formulaires comptent 4 pages, avec une feuille supplémentaire lorsque le demande est déposée à titre posthume. La première page est consacrée aux renseignements d’état-civil et aux occupations légales civiles ou militaires de juin 40 à la Libération, 2 pages sont consacrées aux actes de résistance individuels ou collectifs. La dernière page est consacrée aux avis et décision des commissions départementales et régionales. A ces questionnaires sont souvent joints des pièces justificatives : certificats régionaux, carte de FFI, attestation de ses chefs, tout ce qui peut prouver que l’impétrant a bel et bien participé à la Résistance dans une unité ou un maquis FFI.

Les dossiers de la RIF sont constitués sur le même principe que ceux des FFI : formulaires similaires de 4 pages avec pièces justificatives.

Les dossiers DIR sont également constitués d’un formulaire de demande de certificat de validation des blessures conditionné par l’obtention du titre de déporté résistant ou d’interné résistant attribué par le ministère des Anciens combattants. Le statut est « cumulable » avec un autre statut. Outre les dossiers de FFI internés en France ou déportés en Allemagne, on trouve des dossiers de FFL ou de FFC internés en Espagne en tentant de rejoindre Londres via les Pyrénées.

Importance matérielle

Environ 1500 mètres linéaires.

Historique de la conservation

Conservé dans la caserne Charras à Courbevoie, puis dans la Caserne de Reuilly à Paris, le fonds a été déménagé en 1989 au château de Vincennes. Constitué progressivement depuis 1948 et alimenté jusqu’aux années 2000,  il contient aujourd’hui plus de 600 000 dossiers individuels.

Après son rattachement au Service historique de la Défense en 2005, le bureau a décidé de coter l’ensemble des dossiers après un travail préalable de tri et de reclassement. Ce travail est achevé en 2009. En parallèle, une base informatique décrivant l’ensemble des dossiers est constituée sous la forme de fichiers Excel contenant les champs suivants : nom, prénom, commune de naissance, département de naissance, pays de naissance, homologation (ou pas) à l’une des familles de résistance. Cette mission, externalisée, est réalisée entre 2008 à 2011. En 2013, l’instrument de recherche est mis à la disposition des chercheurs et les dossiers deviennent consultables en salle de lecture Louis XIV à Vincennes. 

Depuis cette date, la base informatique est corrigée (notamment sur les noms de lieux) et certains dossiers concernant la même personne sont fusionnés. Ce travail est toujours en cours aujourd’hui, les instruments de recherche seront mis à jour progressivement.

Evaluation, élimination, tri, sort final

Un tri a été effectué lors de la constitution de la base informatique : il a consisté à éliminer les dossiers jugés inutiles, notamment ceux qui ne renfermaient qu’une réponse à une demande de recherche précisant que l’intéressé n'avait pu être identifié parmi les membres homologués des différentes familles de la Résistance.

Sources complémentaires

Ces dossiers individuels ne sont pas l’unique source pour retracer l’histoire d’un individu ou de groupe d’individus dans la Résistance. Dans les archives du bureau Résistance, on retrouve également des informations nominatives dans les dossiers collectifs des réseaux (SHD, sous-série GR 17 P), des mouvements (SHD, sous-série GR 18 P) ou des maquis (SHD, sous-série GR 19 P). Les archives du Bureau central de renseignement et d’action (BCRA) et de la DGER (Direction générale des études et recherches) conservées dans la sous-série GR 28 P au SHD et dans la série 3AG2 aux Archives nationales contiennent également des renseignements sur des parcours individuels. Il ne faut pas oublier non plus de s’intéresser aux archives privées conservées dans différentes institutions patrimoniales (Archives nationales et départementales, Service historique de la défense, musée national de la Résistance, Archives de la Préfecture de police de Paris.…). Enfin, les états des services du personnel militaire contenus dans les dossiers de carrière ou les registres matricules sont également une source précieuse d’informations.

 

Conditions d’accès et d’utilisation

 

Conditions d’accès

Librement communicable. La communication de dossiers en salle de lecture est limitée à 5 dossiers par jour et par lecteur.

Modalités de reproduction

Reproduction autorisée excepté les pelures

 

 

Répertoires alphabétiques

 

- Lettre A        - Lettre B (BA à BJ)          - Lettre B (BL à BZ)         - Lettre C          - Lettre D          - Lettre E          - Lettre F          - Lettre G          - Lettre H         

- Lettre I          - Lettre J          - Lettre K          - Lettre L          - Lettre M          - Lettre N          - Lettre O          - Lettre P          - Lettre Q          - Lettre R         

- Lettre S          - Lettre T         - Lettre U          - Lettre V          - Lettre W          - Lettre X          - Lettre Y          - Lettre Z

 

 

 

 

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Article | by Dr. Radut